Par notre rédaction
L’Afrique de l’Ouest et du Centre vit une mutation portuaire sans précédent. Entre extensions de terminaux à conteneurs et ambitions de hubs logistiques mondiaux, les côtes du Golfe de Guinée bouillonnent. Mais cette vitalité économique cache un défi écologique majeur : comment concilier l’impératif de performance portuaire avec la préservation d’écosystèmes marins déjà fragilisés ?
C’est à cette équation complexe que répond l’ouvrage de référence du Dr Damien Ahouandokoun, intitulé : « Gestion intégrée des pollutions portuaires en Afrique de l’Ouest et du Centre : Enjeux juridiques et durabilité ». Le lancement officiel de ce guide opérationnel a eu lieu le vendredi 26 décembre 2025 à Cotonou, devant un parterre de chercheurs, de décideurs maritimes et d’acteurs de l’économie bleue.
Une radiographie sans complaisance des pressions environnementales
Fort d’une analyse rigoureuse, le Dr Ahouandokoun dresse un état des lieux des menaces qui pèsent sur nos façades maritimes. L’essor du trafic ne vient pas seul ; il traîne dans son sillage une cohorte de nuisances :
• Pollutions chroniques : Rejets d’hydrocarbures et gestion défaillante des déchets portuaires.
• Risques biologiques : Eaux de ballast introduisant des espèces invasives.
• Impacts sédimentaires : Défis liés aux sédiments de dragage et aux émissions atmosphériques des navires à quai.
L’auteur démontre avec brio que ces pollutions ne sont pas seulement un coût écologique, mais un frein socio-économique pour les communautés côtières dépendantes de la mer.
Un arsenal juridique à l’épreuve du terrain
L’un des points forts de cet ouvrage réside dans son analyse chirurgicale du cadre normatif. Si les instruments internationaux existent — à l’instar de la Convention MARPOL, de la Convention de Londres ou du Code ISPS — leur application en Afrique de l’Ouest et du Centre souffre d’une fragmentation institutionnelle.
« L’enjeu n’est plus seulement de ratifier, mais de coordonner », souligne l’auteur.
Le Dr Ahouandokoun plaide pour une harmonisation des législations nationales et régionales afin de créer une gouvernance maritime véritablement efficace, capable de transformer des textes souvent théoriques en boucliers écologiques concrets.
Vers le modèle du « Port Vert » africain
Loin de se contenter d’un constat alarmiste, l’ouvrage propose une feuille de route pragmatique pour une transition durable. Les solutions avancées reposent sur quatre piliers :
1. La planification intégrée : Penser le développement portuaire en amont avec des études d’impact transversales.
2. La normalisation : Généralisation des normes ISO environnementales pour standardiser la gestion des risques.
3. La responsabilité : Une meilleure reddition de comptes de la part des opérateurs et des autorités portuaires.
4. L’innovation : La promotion du concept de « Ports Verts », alliant digitalisation et technologies propres.
L’avis de l’expert
Cet ouvrage tombe à point nommé. Alors que la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) devrait accroître le trafic maritime, le travail du Dr Damien Ahouandokoun offre aux autorités portuaires, aux juristes et aux investisseurs la boussole nécessaire pour naviguer entre croissance et durabilité. C’est, sans nul doute, une contribution majeure à l’édification d’une économie bleue africaine résiliente.
Informations pratiques : L’ouvrage est d’ores et déjà disponible. Contact pour l’achat : +229 01-96-57-16-30
