A Propos

Pourquoi Africa Blue Economy?

En octobre 2013, j’ai quitté mon poste de responsable de la communication de la Banque mondiale en Afrique à Washington D.C. pour me consacrer à des activités visant à renforcer les médias sur le continent en tant que directeur général de l’Initiative des médias africains (AMI). À ces postes et dans d’autres, notamment à la direction du département des Affaires extérieures et de la Communication de la Banque africaine de développement, je n’avais jamais vraiment compris ni pleinement apprécié l’importance de l’engagement de l’Afrique sur les questions relatives aux mers, aux océans, aux lacs et aux fleuves du monde. J’ai ensuite participé au Maritime Indaba à Johannesburg, en Afrique du Sud.

L’Indaba a été une révélation extraordinaire, une expérience qui m’a ouvert les portes d’un monde de découvertes et d’apprentissages que j’avais toujours sous-estimé. J’ai appris un fait simple : ces voies navigables constituent les voies de transport les plus importantes pour le commerce régional et mondial et, avec tout ce qui constitue l’économie bleue, sont essentielles à l’activité économique, au développement et à la croissance mondiale. Comprendre ce fait et concevoir des politiques qui en tiennent compte changera certainement l’avenir des économies nationales et la position commerciale internationale de l’Afrique. Les dirigeants du continent l’ont-ils compris ?

L’Afrique dispose d’importantes ressources maritimes inexploitées, ce qui fait de son engagement total dans l’économie bleue un impératif stratégique. Plus de 90 % des importations et exportations africaines étant transportées par voie maritime, l’exploitation des routes maritimes, l’amélioration des infrastructures portuaires, de la logistique et de la gouvernance maritime peuvent renforcer la compétitivité commerciale, réduire les coûts et renforcer l’intégration régionale et la compétitivité sur les marchés mondiaux.

L’économie bleue, qui englobe la pêche, l’aquaculture, le tourisme, le transport maritime et les biotechnologies marines, offre une voie durable vers la diversification économique et la croissance du PIB. Une pêche et une aquaculture durables peuvent combler le déficit en protéines, réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité alimentaire. Ce secteur peut générer des millions d’emplois, notamment dans les pays côtiers et insulaires, en développant des secteurs comme la pêche, le transport maritime, le tourisme et les biotechnologies marines.

Fort de ce que j’ai appris au cours des nombreuses années qui ont suivi l’Indaba de Johannesburg, j’ai pensé qu’il était important d’encourager les médias et les différentes plateformes de communication à agir afin de sensibiliser le public à ce secteur crucial.

En adoptant l’économie bleue, l’Afrique peut garantir sa résilience économique à long terme, sa durabilité environnementale et son développement inclusif. Le défi réside dans la gouvernance, l’investissement et le renforcement des capacités pour exploiter pleinement son potentiel. L’Afrique perd des milliards chaque année à cause de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ainsi que de la piraterie et du commerce illicite. En renforçant simplement la sécurité et la gouvernance maritimes, par exemple, on peut récupérer ces ressources pour le développement national.

S’engager dans l’économie bleue s’inscrit dans la continuité des objectifs de développement durable en promouvant une utilisation responsable des ressources marines et en soutenant la croissance économique à long terme. L’économie bleue offre une voie vers la diversification des économies au-delà des secteurs traditionnels comme l’agriculture et l’exploitation minière, réduisant ainsi la vulnérabilité aux fluctuations du marché.

En développant des secteurs comme la pêche, le tourisme maritime et les énergies renouvelables, l’économie bleue, comme indiqué précédemment, peut contribuer significativement à la création d’emplois, réduire l’expatriation des jeunes Africains vers des horizons plus cléments hors du continent et contribuer à sortir les communautés de la pauvreté.

L’objectif serait d’impliquer un large éventail de parties prenantes, notamment les agences gouvernementales, le secteur privé et les communautés locales, afin de parvenir à un consensus et de garantir l’adéquation des plans de développement aux besoins et priorités locaux. En s’engageant pleinement dans l’économie bleue, l’Afrique peut générer des avantages économiques, sociaux et environnementaux substantiels, ouvrant la voie à un avenir durable et prospère.

C’est dans cette optique que j’ai initié Africa Blue Economy, un média consacré à l’économie bleue sur le continent. Notre ambition est d’aider à faire fleurir le secteur à travers nos diverses publications : Informations, analyses de spécialistes, découvertes des initiatives et des acteurs de l’économie bleue sur le continent etc.

Notre équipe est composée de journalistes passionnés et de spécialistes de l’économie bleue ayant à cœur le développement de l’Afrique toute entière.

L’économie Bleue en Afrique, source de prospérité. 

Eric Chinje – Journaliste, Expert en Communication Internationale et en Médias pour le Développement