Dans le cadre de la Stratégie 2 pour les Systèmes Alimentaires Agricoles et la Transformation Rurale (AFSRTS 2), le Zimbabwe a officiellement lancé un nouveau paradigme scientifique visant à transformer son secteur halieutique en une économie du poisson évaluée à 1 milliard de dollars américains.
Le premier Symposium national sur la pêche et l’aquaculture, ouvert le 13 mars 2026 au Mandel Training Centre à Harare, marque un moment décisif pour le secteur. Cet événement symbolise un véritable tournant stratégique pour l’avenir de la pêche et de l’aquaculture dans le pays.
La création en 2021 du Département de la Production des Ressources Halieutiques et Aquacoles (FARD) illustre cette nouvelle orientation. À travers cette initiative, le gouvernement a amorcé une transition importante, passant d’une gestion fragmentée du secteur à une stratégie cohérente axée sur la production, placée sous l’autorité du Ministère des Terres, de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Eau et du Développement rural.
Dans un discours d’ouverture prononcé en son nom par la Directrice générale de l’ARDAS, Mme Medlinah Magwenzi, le Secrétaire permanent Professeur Dr Obert Jiri a rappelé l’objectif principal de cette nouvelle dynamique :
« augmenter la production nationale de poisson, actuellement de 35 200 tonnes métriques, à 60 000 tonnes métriques d’ici 2030. »
Ce symposium intervient dans un contexte particulièrement critique. La demande nationale en protéines est en forte hausse, tandis que certaines sources traditionnelles connaissent un déclin marqué. C’est notamment le cas du kapenta, dont la production est passée de 27 000 tonnes métriques par an dans les années 1990 à seulement 5 000 tonnes aujourd’hui.
Face à ce déficit, la recherche scientifique apparaît comme un levier essentiel pour soutenir le développement du secteur et renforcer l’offre nationale de produits halieutiques.
Au cours de cette semaine, chercheurs et pisciculteurs présentent plus de 23 communications scientifiques, articulées autour de trois piliers majeurs :
- L’amélioration génétique, visant à combler l’écart entre les 12,5 millions d’alevins produits chaque année et le besoin national estimé à 30 millions.
- L’innovation nutritionnelle, destinée à surmonter le coût élevé des aliments pour poissons grâce au développement d’alternatives locales, durables et abordables.
- Les technologies intelligentes face au climat, avec l’introduction d’innovations telles que l’aération alimentée par énergie solaire et la gestion des maladies basée sur les données, afin de réduire l’impact des chocs climatiques.
Dans ce contexte, l’aquaculture s’impose en 2026 comme la nouvelle frontière des grandes opportunités économiques pour le Zimbabwe. En comblant aujourd’hui le déficit de tilapia grâce à la recherche scientifique et aux connaissances, le pays renforce sa souveraineté alimentaire pour l’avenir.
