La demande croissante d’aliments aquatiques en Afrique crée un déficit d’approvisionnement que le développement durable de l’aquaculture pourrait contribuer à combler

The Luderitz Mariculture oyster farm, which produces 25, 000 oysters per week for markets in Cape Town and Johannesburg, South Africa. The young oysters are kept inside mesh bags, which are lowered into the cold waters of Red Ford Bay to grow. As they get bigger, they are transferred to bags with larger and larger mesh size. Finally, they are sorted and weighed and shipped to market. – – Institutional Support in Fisheries Management, Policy and Planning: NAM/90/012/L/01/12. FAO has worked with Namibia to build up the country’s fisheries sector from scratch at independence in 1990. An FAO project financed by Norway provided a special advisor to the Minister for Fisheries and Marine Resources, who heads a ministry that didn’t even exist before independence. The advisor guides the government in myriad ways: structuring the ministry, right down to writing job descriptions for senior posts; implementing the fisheries master plan; drafting legislation; and monitoring whether or not Namibia is fulfilling international fishing treaty obligations. Namibia is held up as a model of sound resource management of one of the world’s richest fishing grounds. Fisheries has also meant 14 000 new jobs for Namibians and USD 354 million contributed to export earnings in 2000.
The following photos are general photos of the Namibian fisheries sector, which do not have direct input from an FAO project. The advisor rather acts at the level of the ministry.

La pêche et l’aquaculture sont des sources essentielles d’alimentation, de nutrition et de moyens de subsistance en Afrique. Cependant, face à la demande croissante de produits aquatiques, l’offre peine à suivre le rythme.

L’édition 2026 du rapport « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », publiée aujourd’hui par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lors de la conférence « Notre Océan » à Mombasa, au Kenya, révèle que la production mondiale d’animaux aquatiques et d’algues a totalisé 235 millions de tonnes en 2024. La production d’animaux aquatiques à elle seule a atteint un niveau record de 195 millions de tonnes, principalement grâce à l’essor rapide de l’aquaculture. Malgré cette croissance, des difficultés persistent pour répondre à la demande dans des régions comme l’Afrique.

L’Afrique présente la plus faible disponibilité d’aliments aquatiques d’origine animale par habitant au monde, pourtant ces aliments fournissent une part importante des protéines animales sur le continent – environ 19 % en moyenne.

« Partout en Afrique, les communautés dépendent des produits animaux aquatiques pour leur alimentation, et dans certains pays, ces aliments fournissent jusqu’à 54 % des protéines animales consommées », explique Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Afrique. « Leur production soutient également l’emploi, ce qui souligne leur rôle essentiel dans l’économie bleue, en particulier pour les populations à faibles revenus et vulnérables. »

La pêche de capture demeure essentielle à l’approvisionnement alimentaire et à l’emploi.

La pêche maritime est une source majeure d’animaux aquatiques pour toute la région, avec une production de 7,1 millions de tonnes en 2024. Le Maroc est le premier producteur avec près de 1,4 million de tonnes, suivi par la Mauritanie, l’Angola, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

La pêche continentale constitue une source essentielle de nourriture et d’emplois, notamment dans les zones rurales et dans les pays à faible revenu et sans accès à la mer. Elle a contribué pour 3,7 millions de tonnes d’animaux aquatiques en 2024, soit un tiers des captures mondiales de pêche continentale.

D’après les données disponibles, la production se concentre bien évidemment dans les pays dotés d’importants systèmes d’eau douce, tels que les bassins fluviaux et les lacs. Parmi les cinq principaux producteurs, l’Ouganda arrive en tête avec une production d’un peu plus de 0,5 million de tonnes, suivi de la République-Unie de Tanzanie, du Nigéria, de l’Égypte et de la République démocratique du Congo.

L’aquaculture se développe rapidement, offrant une solution pour répondre à la demande croissante.

L’aquaculture représente 18 % de la production totale d’animaux aquatiques en Afrique et connaît une expansion rapide, avec un fort potentiel pour contribuer à répondre à la demande croissante et à assurer les moyens de subsistance d’une population en croissance.

À l’échelle mondiale, l’aquaculture est le principal moteur de la croissance de la production animale aquatique. En Afrique, ce secteur connaît la croissance la plus rapide au monde, avec une production prévue de plus de 2,4 millions de tonnes en 2024, soit un taux de croissance annuel moyen de 8 % depuis l’an 2000 – nettement supérieur à la moyenne mondiale de 5 % par an sur la même période.

L’élevage d’animaux aquatiques est fortement concentré, les cinq principaux pays producteurs assurant 90 % de la production continentale. L’Égypte est le premier producteur avec 1,6 million de tonnes en 2024 (66 % du total régional), suivie du Nigéria, du Ghana, de l’Ouganda et de la Zambie.

Dans un contexte de croissance démographique rapide, la demande dépasse l’offre.

La rapide croissance démographique, l’urbanisation, l’augmentation des revenus et l’évolution des préférences des consommateurs alimentent une demande croissante d’aliments aquatiques en Afrique, exerçant une pression croissante sur l’offre.

Bien que la disponibilité totale par habitant d’aliments aquatiques d’origine animale en Afrique ait augmenté au fil du temps, elle reste la plus faible au monde, à 9,1 kg par personne et par an – soit moins de la moitié de la moyenne mondiale de 21,1 kg par personne et par an en 2023.

Environ un tiers de cette disponibilité provient des importations, qui complètent la production nationale, selon le rapport. Parallèlement, l’Afrique maintient une balance commerciale positive (2 milliards de dollars) et un gain net de protéines (126 000 tonnes), grâce à ses exportations de produits de base à forte valeur ajoutée et à ses importations d’animaux aquatiques à faible valeur ajoutée, mais riches en nutriments, qui contribuent à la sécurité alimentaire et à la nutrition.

À l’avenir, la demande devrait continuer d’augmenter. D’ici 2034, l’Afrique devrait produire environ 7 % des animaux aquatiques au niveau mondial, la production de la pêche et de l’aquaculture progressant de 13 % par rapport à 2024.

La pêche artisanale fait vivre les communautés, et les femmes sont à l’avant-garde.

On estime que la pêche et l’aquaculture font vivre 600 millions de personnes tout au long de la chaîne de valeur, au niveau mondial. Parmi celles-ci, 65,3 millions étaient employées directement dans le secteur primaire en 2024, et environ 9 % étaient basées en Afrique, qui représente la deuxième plus grande main-d’œuvre au monde.

La pêche continentale est une source majeure d’emplois, notamment dans les régions rurales et enclavées d’Afrique, employant 3,2 millions de pêcheurs et représentant 63 % des personnes employées dans le secteur de la pêche sur le continent.

L’aquaculture, malgré sa croissance rapide, employait 0,6 million de personnes dans le secteur primaire en 2024, contre un total mondial de 23,1 millions de pisciculteurs employés dans le monde.

La plupart des acteurs du secteur sont des petits exploitants. La pêche artisanale constitue l’épine dorsale des systèmes de production maritime et continentale. En Afrique, elle est profondément ancrée dans les économies locales et les systèmes alimentaires, contribuant à l’alimentation des ménages, aux activités de subsistance et aux marchés informels. Les femmes jouent un rôle particulièrement important dans les activités après récolte telles que la transformation et la commercialisation.

« Si l’on prend en compte l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les activités informelles et de subsistance, le secteur soutient directement et indirectement des dizaines de millions de moyens de subsistance à travers l’Afrique », explique Abebe Haile-Gabriel. « Le renforcement de la pêche et de l’aquaculture sera essentiel pour répondre à la demande croissante, améliorer la sécurité alimentaire et assurer la pérennité des moyens de subsistance en Afrique. »

À propos du rapport

Le rapport « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture » est un rapport phare de la FAO qui analyse l’état et la santé des stocks halieutiques mondiaux ainsi que les tendances de la pêche et de l’aquaculture aux niveaux mondial et régional, y compris des données sur la production, le commerce, l’emploi et la disponibilité des produits de la pêche et de l’aquaculture.

L’Afrique en chiffres

1. Production

Production de pêche et d’aquaculture (animaux aquatiques et algues)
Monde Afrique
235 millions de tonnes 13,5 millions de tonnes, soit 6 % de la production mondiale
Production d’animaux aquatiques
Monde Afrique
195 millions de tonnes 13,2 millions de tonnes, soit 7 % del la production mondiale
Production d’algues
World Afrique
40 millions de tonnes 0,3 millions de tonnes, soit 0,9 % de la production mondiale
Production aquacole
Monde Afrique
142 millions de tonnes, dont

–         103 millions de tonnes d’animaux aquatiques
–         39 millions de tonnes d’algues

2,7 millions de tonnes, soit 2 % de la production mondiale
Production des pêches de capture
Monde Afrique
93 millions de tonnes dont
–         92 millions de tonnes d’animaux aquatiques
–         1,3 millions de tonnes d’algues
10,8 millions de tonnes d’animaux aquatiques, soit 12 % de la production mondiale

2. DISPONIBILITÉ D’ALIMENTS AQUATIQUES d’origine animale 

Disponibilité des aliments aquatiques d’origine animale (2023)
Monde Afrique
171 millions de tonnes 13,4 millions de tonnes
Disponibilité des aliments aquatiques d’origine animale par habitant (2023)
Monde Afrique
21,1 kg 9,1 kg

3. Emploi

Personnes employées dans la production primaire
Monde Afrique
65,3 millions 6,1 millions, soit 9 % du total mondial

4. commerce

Commerce de produits d’animaux aquatiques
Exportations
Monde Afrique
184 milliards de dollars américains 8,4 milliards de dollars, soit 5 % des exportations mondiales
Importations
  Afrique
  5,9 milliards de dollars, soit 3 % del importations mondiales

5. Top producers

Aquaculture: Les cinq principaux producteurs d’animaux aquatiques en 2024 (millions de tonnes)
Égypte 1,6
Nigéria 0,3
Ghana 0,1
Ouganda 0,1
Zambia 0,1
Pêches maritimes: Les cinq principaux producteurs d’animaux aquatiques en 2024 (millions de tonnes)
Maroc 1,4
Mauritanie 0,6
Angola 0,6
Sénégal 0,5
Afrique du Sud 0,5
Pêches continentales: Les cinq principaux producteurs d’animaux aquatiques en 2024 (millions de tonnes)
Ouganda 0,5
République-Unie de Tanzanie 0,4
Nigéria 0,4
Égypte 0,3
République démocratique du Congo 0,3

Source : FAO