Face à la recrudescence des risques environnementaux liés au trafic maritime, le Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique (MINETE) affiche sa fermeté et sa préparation. À travers le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), les autorités ont orchestré ce vendredi la 12e édition de l’exercice de simulation du Plan Pollumar. Déployée à Grand-Béréby, Tabou et San Pedro, cette opération grandeur nature s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine nationale de l’Environnement et du Climat 2026. L’événement s’est déroulé en présence du Ministre de l’Environnement, M. Abou Bamba, des autorités préfectorales, ainsi que de nombreux experts de la sous-région et d’Europe.
L’édition 2026 s’est articulée autour d’une thématique cruciale et complexe : « Responsabilité civile et indemnisation des dommages dus à une pollution marine transfrontalière de niveau 3 par les hydrocarbures dans la zone maritime Ouest de Côte d’Ivoire ».
Pour l’occasion, les équipes techniques ont simulé un scénario critique : une collision en haute mer entre un navire roulier et un pétrolier, ce dernier étant engagé dans une opération illicite de transbordement avec un tiers navire. L’impact fictif a provoqué le déversement de plus de 100 tonnes d’hydrocarbures. En vertu du décret n° 98-42 du 28 janvier 1998, l’ampleur de cette pollution l’a classée au niveau 3, le seuil d’urgence maximale requérant une mobilisation nationale et internationale.
Ce cas d’école ultra-réaliste avait pour objectifs principaux de tester l’efficacité des chaînes d’alerte, de valider les protocoles de coordination multisectorielle, de mesurer la vitesse de mobilisation des ressources et d’évaluer la neutralisation concrète de la nappe de pétrole.
Présent sur le théâtre des opérations, le Ministre Abou Bamba a fermement rappelé l’obligation d’anticipation qui incombe à l’État et à ses partenaires économiques.
« Cet exercice est essentiel. Il nous permet de nous entraîner pour mieux répondre aux urgences environnementales, protéger nos écosystèmes marins et garantir la sécurité des populations », a martelé le ministre.

Au-delà de la réponse technique en mer, en lagune ou sur le littoral, ce test visait à parfaire les compétences des parties prenantes en matière de procédures juridiques et financières. L’accent a particulièrement été mis sur la gestion des indemnisations des victimes et la réparation des préjudices écologiques transfrontaliers.
Le Plan Pollumar reste le pilier de la stratégie ivoirienne de contingence contre les catastrophes maritimes. Sa force repose sur l’interopérabilité des moyens humains, logistiques et techniques du pays.
La réussite de cette 12e édition repose également sur sa dimension internationale. Preuve de l’intérêt stratégique de l’exercice, l’opération a mobilisé plusieurs administrations ivoiriennes, des experts en sécurité maritime venus de 9 pays de la sous-région, ainsi que des observateurs de premier plan issus de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) et du projet GI WACAF (Global Initiative pour l’Afrique de l’Ouest, Centrale et Australe).
En renforçant ainsi sa résilience face aux menaces maritimes et portuaires, la Côte d’Ivoire réaffirme son leadership régional dans la protection de l’économie bleue et de la biodiversité marine.
Source : Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL)
